
La mythologie Grecque est sans contexte une source d'inspiration inépuisable pour les artistes et créateurs, toutes époques et disciplines confondues.
Religion ancestrale tombée en désuétude, les mythes et légendes Grecques s'accomodent de toutes les mutations, toute les interprétations. Et s'adaptent. Didier Crisse nous en apporte une nouvelle preuve, avec la saga "Atalante". Et Stéph de confirmer en donnant "formes et volumes" à cette aventuriére à la chevelure léonine.
C'est avec "Paradis perdue" que débuta la collaboration entre Stéph, les éditions "Soleil" et Alberto Varanda. Ce dernier proposa à Stéph de réaliser non pas un de ses personnages, mais bien deux. Conception de ce duo d'enfer.
Nous n'apprendrons rien aux fans de BD Francos Belges: Alberto Varanda est l'un des dessinateurs actuels les plus prolifiques et talentueux du moment.
C'est en 1968, alors agé de quatre ans, que ces parents quittent leur Portugal natal pour la France. Alberto, pas contrariant, les suit. A dix huit ans il s'installe à Paris pour étudier le dessin. Trés tôt il su que sa vie sera consacré au dessin, et plus particuliérement à la Bande Dessinée. Tant est si bien qu'il déclina la proposition qu'on lui faisait de bosser sur la série animée "Lucky Luke"! La BD et l'illustration, et rien d'autre! Il travailla un temps au magazine "Spirou", puis pour le magazine consacré aux jeux de rôles "Casius Belli". C'est en 1994 que sa carriére prend un nouvel essort, lors de sa premiére collaboration avec le duo de scénaristes et romanciers Ange (ANne et GErard Guéro). Leur premier bébé commun, "Reflets d'écume", sera suivi de bien d'autres, dont "Bloodeline", "la geste du chevalier dragons", et la quadrilogie "Paradis perdue"(dont Varanda ne dessinera que le premier tome), sujet de cet article.
C'est d'aprés une sublimissime illustration originale de Varanda, que Stéph dù mettre en volume les deux principaux personnages de ce succés de librairie, narrant l'éternel combat du bien contre le mal.
Le dessin, tout en ombres et contrastes, ne fut pour Stéph qu'une base. Il se servi de la BD même pour completer les détails restés dans l'ombre, et ainsi éviter de trop extrapoler, au risque de trahir le concept du personnage.
Une fois de plus, c'est pour le SuperSculpey que Stéph opta pour modeler ses anges. Il commença, comme toujours, par un squellette en fil de fer, sur lequel il appliqua par petites boulettes le Sculpey.
La tête, quant à elle, a été modelée à part, puis fixée sur le corps. Elle a déjà été moulée, tirée, et apprétée(Une fine couche de peinture déposée à l'aérographe, qui permet à la fois d'uniformiser la texture de la piéce, et d'accrocher la peinture qui viendra donner vie à l'ensemble.)
Il pratiquera de même pour le personnage féminin.
Le modelage terminé, cette piéce sera moulée, et tirée en résine. Ce tirage, le master, fera l'objet d'un gros travail de finition et de détaillage. Une fois fait, le master sera découpé en plusieurs morceaux, permettant de faciliter le moulage et démoulages des piéces, et par la même de pouvoir réaliser de nombreux tirages sans endommager les moules en silicones.
Chacune de ces piéces seront de nouveau travaillées, afin qu'elles s'ajustent au plus juste, le but étant de rendre les raccords le plus discret possible. Le montage des piéces n'en sera que plus rapide et aisé, limitant, voire évitant, au modeleur de mastiquer de trop gros raccords disgracieux.
Aprés tirage, chaque piéces sera ébarbées(ponçage des plans de joints.)et apprétées, puis montées.
Les étapes du modelage, moulage, et apprétage terminées, arrive l'ultime phase, celui de la mise en peinture!
Les grosses portions aux couleurs unies, comme les vétements, ou le corps de l'ange assis, seront peintes à l'aérographe...
...Alors que les détails, comme les laniéres, le visage ou le sabre, seront peints au pinceau.
Les heureux acquéreurs de l'une de ces figurines en tirage limité, ne purent sans aucun doute que difficillement cacher leurs émotions, en ouvrant le boitage contenant cette magnifique piéce. Il y a fort à parier qu'ils furent comblés de joie, pour ne pas dire aux anges.
Alberto Varanda fut si satisfait du travail rendu, que c'est dans la foulée que fut proposé à Stéph une seconde collaboration, dont je vous invites à en découvrir les fruits dans la rubrique "La Vénitienne".
Seconde collaboration Varanda/Stéph, second coup de maître. Alberto Varanda proposa de mettre en volume plus qu'un personnage inédit et original: Une atmosphére, un sentiment. Transposer en trois dimensions un climat de mystére et de douce mélancolie n'avait au départ rien d'évident. Et c'est peut étre là que réside tout l'attrait de la chose.
Qui est cette fille en robe corbeau? Qui se cache sous ce masque blême? Mais est ce un masque? Ne pourrait elle pas étre un fantôme, souvenir des carnavals passés? Le personnage féminin dessiné par Varanda laisse un libre choix quant à son interprétation. Et c'est tout à l'honneur du dessinateur de "Bloodline"! Théme usé jusqu'à la corde, le carnaval de Venise avait tout du sujet casse gueule. D'aucun en aurait fait une parfaite illustration pour voyage organisé résérvé au troisiéme âge. Mais c'était sans compter sur le talent de Varanda, qui transcende ici un sujet depuis fort longtemps galvaudé. A Stéph maintenant de retranscrire en volume ce personnage mystérieux à la pose toute en retenue.
Les plus perspicaces d'entre vous auront peu étre reconnu la généreuse poitrine qu'arbore notre Vénitienne en devenir. Bravo à ceux qui ont reconnu les atouts féminin de "La Pirate", dont Stéph a recyclé le buste. Buste qui repose sur une volumineuse robe en plastiline.
Mais ne vous méprenez pas! Lorsque je parle de recyclage de portions existantes, ne voyez pas là une solution de facilité de la part de Stéph. La corpulence et l'échelle entre les deux modéles étant la même, réutiliser la même base pour le buste reléve tout simplement du bon sens. Il fut retouché, et la tête totalement modifiée. Une fois ces ajustements faits, le buste fut moulé, tiré en résine, et posé sur le corsage en platiline.
Les détails et froufrous de la robe commencent à sortir...
...Et la coiffe apparait.
Les dentelles s'affinent, et les perles viennent orner les vétements de notre mystérieuse Vénitienne.
Les broderies du corsage et de la coiffe ont été découpées numériquement dans du film adhésif, et collées sur le premier tirage en résine, qui deviendra le master grâce auquel Stéph obtiendra le moule définitif.
Une fois tirées aux nombres d'exemplaires désirés, nos Vénitiennes seront peintes avec le plus grand soin: Des brossages à sec viendront réhausser les plis du tissus et les broderies.
Au vu du résultat final, nous pouvons enfin souffler en constatant que Stéph a su préserver l'ambiance qui se dégageait du dessin d'Alberto Varanda. Mais pouvait il en étre autrement?
Malgré sa pose statique, nous serions à peine surpris de voir notre Vénitienne s'animer pour emprunter un pont enjambant l'un des nombreux canaux qui parcourent la vieille ville, et disparaître dans une ruelle étroite de cette cité contre nature, perchée sur une lagune de la mer Adriatique.
Sobre et racée, cette figurine est incontestablement une réussite majeure dans la carriére de Stéph.
L'histoire de la flibusterie eu été bien différente si les pirates qui sillonaient les mers du XVII siécle avaient l'apparence du personnage qui est à l'origine de cet article. C'est avec joie et enthousiasme que l'on se serait fait aborder par ce détrousseur des mers version Meynet et Stéph.
C'est dans les Hautes Savoies que le petit Félix Meynet voit le jour en 1961. Son milieu de vie faisant, il devient moniteur de ski. C'est vrai, il y a trés peu de maître nageur sauveteur en Hautes Savoies. C'est en décorant les planches de surfs et monoskis qu'il comprend que le dessin sera son métier et sa passion premiére. Il quitte les verts paturages alpins pour la grissaille Parisienne, et collabore quelques temps au défunt magazine "Circus". C'est en 1992 qu'il publie son premier album, "Double M", qui sera suivi d'autres tomes. Inspiré par sa nostalgie des Alpages, il imagine "Fanfoué des Pnottas", papy savoyard encore vert, toujours entouré de charmantes randonneuses aux formes avantageuses.
La jeune femme au physique attractif est d'ailleurs le fil rouge de l'oeuvre de Félix meynet. Il les aime, et cela se voit (et se comprend!!). Et lorsque on lui propose de dessiner un personnage en vue de le décliner en figurine de collection, c'est tout naturellement une brune capiteuse au décoleté suggestif qui apparait sous ses pinceaux.
C'est donc une pirate au féminin qui nous évoque à la fois l'aventure au grand large et d'autres idées moins avouables, que Stéph est chargé de créer en trois dimensions et en volumes. Et quels volumes...
La réalisation d'une figurine débute toujours par l'étape fort peu excitante et pourtant indispensable du squellette. Au court de celle ci, on étudie les proportions du personnage, sa posture et son gabarit. Pour l'aider en celà, Félix Meynet a fourni à Stéph des dessins de sa pirate sous divers angles.
C'est pour le SuperSculpey qu'a opté Stéph pour cette figurine ci. Durcissant à la cuisson, elle peut étre ainsi déjà retravaillée avant son premier tirage.
Une fois le personnage modelé, il est moulé une premiére fois. Le premier tirage sera retouché, et servira de master au moulage définitif. Arrivera alors l'étape du tirage en série et de la mise en peinture.
Le socle, du 100% Stéph, confére à l'ensemble une ambiance aventures maritimes et chasses aux trésors que n'a pas renié Félix Meynet.
Regard de braise et un physique capable de provoquer des suées aux moines Tibétains les plus endurcis, tout l'esprit Meynet est là.
Encore une figurine à la réalisation de haute volée à l'actif de Stéph. Une figurine qui sent bon les embruns et la poudre à canon. En avant moussaillon, hissez la grand voile, et cap au nord, vers de nouvelles aventures!!